
La Fédération Départementale des Chasseurs des Landes (FDC40) ne s’oppose pas au développement de l’énergie solaire. Elle s’y engage — à condition que chaque projet soit conçu avec les acteurs du territoire, en prenant en compte les équilibres cynégétiques, écologiques et humains qui font la richesse des Landes.

La transition énergétique nationale se traduit, dans les Landes, par une multiplication rapide des projets de centrales photovoltaïques au sol et de systèmes agrivoltaïques. Ces installations s’implantent sur des espaces naturels, agricoles ou des friches — des milieux qui accueillent une faune sauvage riche et des pratiques rurales profondément ancrées dans l’identité landaise.
Face à cette réalité, la FDC40 a choisi de ne pas entrer dans une opposition systématique et stérile. Elle a choisi le dialogue, la transparence et l’exigence.
Qui est la FDC40 ?
La Fédération Départementale des Chasseurs des Landes est bien plus qu’une association de chasseurs. C’est une structure à laquelle l’État délègue des missions de service public : gestion durable de la faune sauvage, prévention et indemnisation des dégâts agricoles causés par le grand gibier, sécurité des pratiques cynégétiques, préservation des habitats naturels.
Agréée pour la protection de l’environnement depuis 1978, la FDC40 fédère :
Elle siège en tant que membre permanent à la CDPENAF (Commission Départementale de Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers) et participe activement aux enquêtes publiques et aux consultations environnementales.
Dans les Landes, la FDC40 est souvent le lien entre toutes les parties : agriculteurs, collectivités, propriétaires fonciers, énergéticiens.

La FDC40 ne se positionne pas comme un obstacle ni comme un concurrent des bureaux d’études et des cabinets d’architecture — elle se positionne comme un partenaire technique complémentaire et incontournable sur le volet cynégétique et faunistique.
Concrètement, quand un bureau d’études réalise une étude d’impact pour un projet photovoltaïque ou agrivoltaïque dans les Landes, il ne dispose pas en interne des données terrain sur la faune sauvage locale, les territoires de chasse, les corridors de déplacement du grand gibier, les plans de chasse, les enjeux de sécurité cynégétique. C’est exactement là que la FDC40 intervient — elle apporte ce que le bureau d’études ne peut pas produire seul : données de terrain, expertise cynégétique, connaissance fine du territoire, et lien direct avec les ACCA locales.
L’objectif est que les bureaux d’études et les architectes intègrent la FDC40 comme un référent naturel dès la phase d’étude, au même titre qu’ils consultent d’autres organismes spécialisés comme l’OFB, la DDT ou le Conservatoire botanique. Pas pour faire leur travail à leur place, mais pour combler un angle mort que personne d’autre ne peut couvrir aussi précisément.

Dans les Landes, le droit de chasse est collectivisé par la loi Verdeille de 1964. Les parcelles naturelles et agricoles — y compris celles susceptibles d’accueillir des panneaux solaires — relèvent du territoire des ACCA. Toute installation photovoltaïque ou agrivoltaïque s’y implantant soustrait directement et durablement des surfaces chassables, parfois pour plusieurs décennies.
Face à cette réalité, les études d’impact présentent trop souvent les mêmes lacunes : continuités écologiques absentes, risques de fragmentation sous-estimés, impacts sur la sécurité routière ignorés. Ces angles morts ne résultent pas d’un manque de professionnalisme — ils résultent d’un manque de données que seule la FDC40 détient.
Les impacts que la FDC40 documente et analyse pour chaque projet :
La position de la FDC40 est simple, claire et constante : la qualité des mesures détermine l’avis rendu.
Toute étude d’impact doit identifier de façon précise et argumentée :
La FDC40 souhaite être associée dès la phase de conception des projets. Elle propose aux ACCA concernées de co-construire les mesures d’évitement, de réduction, de compensation et d’accompagnement. Les projets conçus sans concertation préalable feront l’objet d’un examen renforcé.
Parmi les mesures attendues :
La FDC40 peut être mandatée pour réaliser ou relire une étude cynégétique — cet accompagnement est financé par le porteur de projet. Par principe de transparence, elle ne participe pas au vote en CDPENAF pour les projets sur lesquels elle a été rémunérée. Si les mesures restent insuffisantes malgré la concertation, elle se réserve le droit d’émettre un avis défavorable en enquête publique.

La FDC40 ne voit pas l’énergie solaire comme un ennemi du territoire. Elle y voit une opportunité — à condition d’en faire un levier pour les équilibres locaux. Des projets photovoltaïques ou agrivoltaïques bien conçus peuvent financer des actions concrètes pour la biodiversité, soutenir les associations de chasse locales, améliorer les habitats du petit gibier, et même alimenter en autoconsommation les locaux des ACCA.
L’enjeu n’est pas de choisir entre énergie et territoire. C’est de construire les deux ensemble.
La FDC40 siège à la CDPENAF, participe aux enquêtes publiques et travaille en lien étroit avec la Préfecture des Landes, la DDTM, l’OFB et la MRAe pour garantir la prise en compte de la biodiversité ordinaire et cynégétique dans tous les projets d’aménagement du territoire landais.