
Préserver les haies existantes, mieux les connaître, accompagner leur gestion et leur redonner une valeur durable : dans les Landes, la Fédération Départementale des Chasseurs des Landes pilote un programme consacré à la préservation des haies et à la valorisation du bois bocager.
Cette démarche s’inscrit dans le Pacte en faveur de la haie, lancé par l’État dans le cadre de la planification écologique.

Les haies font partie intégrante de nos paysages ruraux. Pourtant, leur linéaire a fortement diminué en France au cours des dernières décennies.
La France compte environ 750 000 kilomètres de haies, mais leur disparition se poursuit sous l’effet des arrachages ainsi que de pratiques de gestion et d’aménagement qui peuvent entraîner leur dépérissement. Face à ce constat, l’État a lancé en 2023 le Pacte en faveur de la haie et de l’agroforesterie.
Son ambition est d’agir à la fois sur la préservation des haies existantes, leur gestion durable, leur développement et leur valorisation.
Le Pacte ne consiste donc pas uniquement à planter de nouvelles haies. Il propose une approche plus globale, qui prend en compte l’ensemble de leur cycle de vie et les différents acteurs qui interviennent autour de la haie.

Une haie est bien plus qu’un alignement d’arbres et d’arbustes.
Elle constitue un habitat et un corridor pour la faune sauvage, permettant à de nombreuses espèces de se nourrir, de s’abriter, de se reproduire et de se déplacer.
Mais ses fonctions sont multiples. Les haies contribuent également à :
Préserver les haies suppose cependant de pouvoir les entretenir et les gérer dans la durée. C’est l’un des principes essentiels du Pacte : donner aux propriétaires et aux gestionnaires les moyens de considérer la haie comme un véritable patrimoine, à la fois écologique, agricole et économique.
Dans le cadre du Pacte en faveur de la haie, la Fédération Départementale des Chasseurs des Landes (FDC40) a été retenue à l’appel à projets « Gestion durable et structuration de la filière de valorisation durable des haies et des arbres intra-parcellaires ».
Elle pilote aujourd’hui le consortium constitué avec :
Cette complémentarité permet d’aborder la haie sous ses différentes dimensions : environnementale, agricole, technique et économique.
Le programme porté sur le territoire porte le nom de « Haie et filière durable 640 ».
Son objectif : mieux connaître les haies, accompagner leur gestion durable et étudier les possibilités de valorisation du bois qui en est issu.
Avant d’envisager la valorisation d’une ressource, il faut commencer par la connaître.
Une étude de gisement du territoire agroforestier landais permettra ainsi d’identifier et de caractériser le potentiel représenté par les haies et les arbres intra-parcellaires.
Cette étude doit apporter les connaissances nécessaires pour envisager une valorisation durable de la ressource et réfléchir à une filière adaptée aux réalités du territoire.
En parallèle, des diagnostics qualitatifs des haies champêtres seront réalisés auprès des exploitations agricoles.
Ils permettront notamment d’évaluer l’état des haies, leur intérêt écologique et agronomique ainsi que leur potentiel de gestion. L’objectif n’est pas simplement de dresser un inventaire, mais de disposer d’éléments permettant de définir avec les exploitants des pratiques de gestion adaptées à leur patrimoine bocager.



Le programme prévoit également des actions concrètes d’accompagnement et de sensibilisation.
Des animations autour de la haie et de sa gestion pourront notamment être proposées sous la forme d’« Ateliers au pied des haies », afin de mieux comprendre les pratiques de gestion et leurs effets.
Des actions de sensibilisation, des opérations de plantation ainsi que la mise en œuvre de Plans de Gestion Durable des Haies (PGDH) ou de démarches de gestion simplifiées font également partie des leviers prévus.
L’objectif est de favoriser l’appropriation de ces pratiques par les agriculteurs et les différents acteurs locaux.
Entretenir durablement une haie produit du bois. Se pose alors une question essentielle : que faire de cette ressource ?
« Haie et filière durable 640 » prévoit d’étudier les différents maillons nécessaires à l’émergence d’une filière de valorisation du bois bocager.
Une étude permettra de mieux identifier les possibilités de valorisation et les débouchés envisageables en fonction de la ressource disponible, des besoins du territoire et de la faisabilité des projets.
Différentes pistes pourront être étudiées, notamment autour du bois énergie, du bois bocager ou d’autres formes de valorisation.

Le programme prévoit également de favoriser la montée en compétence des gestionnaires et futurs gestionnaires de haies et de mettre en relation les acteurs susceptibles de participer à cette future filière.
À terme, l’ambition est de faire émerger des projets pilotes et de contribuer à la structuration d’au moins une filière locale de valorisation du bois bocager sur le territoire du programme.
Derrière toutes ces actions se trouve une idée simple : préserver une haie dans le temps passe aussi par sa bonne gestion et par la reconnaissance de sa valeur.
Avec « Haie et filière durable 640 », la FDC40 et ses partenaires souhaitent montrer que préservation de la biodiversité et valorisation économique peuvent aller de pair, à condition de s’appuyer sur une gestion durable et adaptée des haies.
La démarche peut se résumer ainsi :
Mieux connaître la haie pour mieux la gérer.
Mieux la gérer pour pouvoir la valoriser durablement.
Et mieux la valoriser pour contribuer à sa préservation dans le temps.
pour mieux faire connaître les rôles et les enjeux des haies.
pour connaître leur état, leurs fonctions et leur potentiel.
en accompagnant notamment les exploitants grâce aux Plans de Gestion Durable des Haies.
avec des animations, des actions de sensibilisation et des opérations de plantation.
le gisement de bois bocager et ses débouchés potentiels.
en mettant en relation les acteurs et en accompagnant l'émergence de projets pilotes pour construire une filière locale.
Le consortium réunit la Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques (FDC64), la Chambre d’agriculture des Landes et la Fédération des CUMA 640.
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