Les vaches marines landaises, gardiennes du lac d’Aureilhan

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Par Coralie Salle – Journaliste Sud-Ouest

Tout l’été, « Sud Ouest » vous fait découvrir les lacs du département. Premier arrêt au lac d’Aureilhan, où a été réintroduite une race en voie de disparition qui contribue aujourd’hui à la préservation de l’écosystème

Situé sur les communes d’Aureilhan, Mimizan et Sainte-Eulalie-en-Born, le lac d’Aureilhan est un endroit propice aux balades et aux activités nautiques. Baignade, paddle, aviron, bateau électrique, canoë-kayak, voile… Les activités proposées sont nombreuses et conviennent à toutes les envies. Sur une zone de plus de 340 hectares, le lac d’Aureilhan est un site classé Natura 2000 des « zones humides de l’arrière dune du pays de Born et de Buch ». Le cadre idéal pour réintégrer une race en voie de disparition : la vache marine landaise.

Le spectacle rare de ces vaches évoluant paisiblement au bord du lac est une scène qui fascine promeneurs et joggeurs. Cette curiosité locale est non seulement un plaisir pour les yeux, mais aussi un élément clé dans la préservation des marécages et de la biodiversité. Cette race était en voie de disparition dans les années 80, délaissée pour des vaches plus productrices de lait. Le lac d’Aureilhan, l’un des neuf sites côtiers où elles ont été réintroduites, abrite un troupeau d’une dizaine de têtes. On les trouve sur le côté Est du lac, de mi-avril jusqu’à novembre ou décembre, selon l’humidité de leur pâturage.

Adaptées au milieu

Denis Lanusse, technicien de la Fédération départementale des chasseurs des Landes, est à l’origine du projet de préservation de la race. « Les vaches marines landaises, que nous avons réintroduites ici, jouent un rôle crucial dans l’entretien de cette zone humide », détaille-t-il.

Autrefois utilisée pour les courses landaises, elle est aujourd’hui considérée comme une « race à très petit effectif ». Ce sont des bêtes robustes et légères, pesant environ 350 kilos, un poids parfaitement adapté au milieu marécageux. À Aureilhan, elles peuvent se nourrir d’une diversité de végétaux, ce qui leur garantit une résistance naturelle aux parasites.

Ces vaches contribuent également à maintenir un espace ouvert, non boisé, essentiel pour les insectes et les oiseaux. « Ici, on peut croiser l’aigle botté, la bécassine… la diversité est impressionnante et fragile », souligne Denis Lanusse. La gestion du site d’Aureilhan, bien que propriété communale, est confiée à la Fédération départementale des chasseurs.

Les vaches y évoluent sur une vingtaine d’hectares, comprenant des zones boisées qui leur offrent un abri naturel contre le soleil. Et les conditions d’élevage sont maintenues rustiques, c’est-à-dire sans abris artificiels et avec un régime à base de végétaux.

Chemin de randonnée

Les visiteurs ou les locaux peuvent emprunter le chemin de randonnée qui longe l’enclos des vaches. « Elles ne sont pas agressives et sont habituées à l’homme. Nous avons des vachers qui viennent deux fois par semaine pour vérifier leur état de santé et contrôler les clôtures », précise Denis Lanusse.

Ces précautions sont cruciales pour cette race menacée. Une épidémie pourrait rapidement décimer le troupeau, mettant en péril les efforts de conservation. Alors que le niveau du lac est exceptionnellement haut, les vaches marines landaises continuent leur travail silencieux.

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