Le lièvre d’Europe (Lepus europaeus)
Le lièvre d’Europe, également appelé lièvre brun, est un mammifère herbivore appartenant à l’ordre des lagomorphes et à la famille des léporidés, comme son cousin le lapin. Originaire d’Europe et d’Asie, il a été introduit sur tous les continents, s’adaptant à une multitude d’environnements.
Parmi les plus grandes espèces de lièvres, il mesure entre 50 et 70 cm de long et peut peser jusqu’à 7 kg. Il se distingue par une silhouette plus grande et longiligne que celle du lapin de garenne. Il ne présente aucun dimorphisme sexuel, ce qui rend difficile la distinction entre les mâles, appelés bouquins, et les femelles, appelées hases.
Son pelage varie du brun-gris au blond-roux, avec des poils noirs visibles sur les flancs et le dessus de la queue. Le ventre est quant à lui blanc crème. Ce pelage change légèrement selon les saisons, devenant un peu plus clair en été.
Le lièvre d’Europe possède de grandes oreilles terminées par une pointe noire, ainsi que des yeux dorés proéminents, qui lui offrent une excellente vision périphérique. Ses pattes postérieures puissantes, mesurant entre 11,5 et 15 cm, lui permettent d’effectuer de grands bonds — jusqu’à 3 mètres — et d’atteindre des vitesses de pointe allant jusqu’à 70 km/h pour échapper à ses prédateurs.
Sur le plan anatomique, il se distingue des rongeurs par la présence de deux paires d’incisives à la mâchoire supérieure, contre une seule chez les rongeurs.
La reproduction du lièvre d’Europe
La saison de reproduction s’étend de janvier à début octobre. Les bouquins sont polygames et se livrent à de véritables parades nuptiales, appelées « bouquinage », comprenant luttes, sauts et poursuites pour déterminer lequel aura le privilège de s’accoupler avec une hase.
La gestation dure en moyenne 41 jours. Fait remarquable : la femelle peut être fécondée juste avant la mise bas de sa portée, un phénomène appelé superfétation, qui permet de maximiser le nombre de naissances au cours de la saison.
3. Une espèce nidifuge
Contrairement au lapin qui vit dans des terriers, la femelle lièvre ne construit pas de nid. Elle met bas directement dans la nature, souvent dans de simples creux appelés « formes ». Les 2 à 4 levrauts naissent les yeux ouverts, couverts de poils, et sans odeur afin de ne pas attirer les prédateurs. La hase les disperse dans des cachettes séparées et ne revient les allaiter qu’une seule fois par jour.
4. Une vision presque à 360°, mais…
Le lièvre possède de grands yeux situés sur les côtés de la tête, ce qui lui permet de voir tout autour de lui, y compris derrière : une vision presque à 360° ! Mais cette position latérale crée aussi un angle mort juste devant lui… Pas très pratique pour détecter un danger immédiat sur son chemin.
Une espèce à suivre et à préserver
Bien que le lièvre d’Europe ne soit pas menacé à l’échelle nationale, il reste sensible à plusieurs facteurs : l’intensification agricole, la fragmentation des habitats, l’urbanisation ou encore la pression des prédateurs naturels (renards, rapaces, chiens errants).
C’est pourquoi la Fédération des Chasseurs des Landes (FDC40) poursuit un suivi scientifique rigoureux et une gestion durable afin de maintenir des populations saines et équilibrées.
5. Objectifs de la Fédération :
- Obtenir des données fiables sur l’évolution des effectifs et la reproduction.
- Être réactif en déclenchant une alerte en cours de saison si besoin.
Des méthodes simples et efficaces :
- Le réseau de chasseurs : collecte de l’indice cynégétique d’abondance et calcul du ratio d’âge en début de saison.
- Les comptages nocturnes (réalisés également pour les cervidés) : permettent de déterminer des indices d’abondance région par région.
Dans les Landes, le territoire est sectorisé. Les données spécifiques au lièvre sont extraites dans ce cadre, notamment sur le secteur du GIC des 4 Chemins.
Quatre ACCA – Arsague, Castel-Sarrazin, Pomarez et Tilh – en collaboration avec la FDC40, ont décidé d’unir leurs efforts afin de créer un Groupement d’Intérêt Cynégétique (GIC) Lièvre.
Depuis le 1er février 1995, une convention a été signée entre ces quatre ACCA afin de reconstituer une population naturelle sur le terrain, de développer un esprit commun de gestion rationnelle du cheptel éventuellement obtenu et de mettre en valeur le territoire.
Le GIC des 4 Chemins voyait ainsi le jour, avec :
- des introductions de levrauts entre 1995 et 1998 (environ 450 individus),
- des aménagements du territoire (création de jachères),
- et une gestion des prédateurs.
Rappel du suivi mis en place :
Afin de mesurer le succès de l’opération, un suivi nocturne aux phares a été mis en place dès 1995. Il est réalisé chaque année à la même période (février/mars), lorsque le milieu est relativement ouvert.
Ce comptage s’effectue sur deux nuits consécutives, dans un sens puis dans l’autre, avec la participation active des chasseurs locaux et du service technique fédéral. Le but est de compter le nombre de lièvres vus pour 10 kilomètres, afin de calculer une moyenne sur les deux soirées.
L’évolution de cette moyenne d’une année sur l’autre permet d’identifier les tendances de population.
Adaptation des circuits :
Initialement, trois circuits d’environ 30 km chacun étaient suivis sur l’ensemble du GIC.
En 2012, ces circuits ont été révisés pour :
- mieux couvrir le territoire,
- alléger la logistique bénévole.
Deux circuits de 35 à 40 km ont alors été établis, à partir des anciens parcours.
Au cours des comptages, d’autres espèces sont également recensées, comme le chevreuil et le renard, afin de produire des indices kilométriques utiles à la gestion globale de la faune sauvage.













































































